Les laits infantiles contaminés, un scandale d’hier et d’aujourd’hui : dramatique constat

Le CNAFAL fait partie de l’ACLC avec Léo Lagrange et L’ADEIC.

Pour le CNAFAL, on ne joue pas avec la santé et la vie des enfants. Aussi, Lactalis, Danone, Nestlé, ces géants du secteur, doivent se retrouver face à leurs responsabilités pénales sur les conséquences sanitaires de leurs productions vis-à-vis des consommateurs.

Alors qu’il est évident que les scandales Buitoni et Lactalis ont marqué nos mémoires, aujourd’hui, en 2026, soit 10 ans plus tard, les consommateurs, notamment les enfants, vivent les mêmes faits et les mêmes graves conséquences sur leur santé.

Ainsi, après des rappels à grande échelle et en cascades de retraits dans 60 pays de laits infantiles produits par Nestlé, Lactalis et autres, suite à la contamination par une toxine d’origine bactérienne, l’actualité met encore l’accent sur les carences de la procédure des autocontrôles imposés aux entreprises et notamment aux multinationales. Ces critiques sont également à l’adresse des contrôles, bien maigres, effectués par l’Etat dans le domaine alimentaire. Car selon certaines institutions, une entreprise du secteur alimentaire ne serait contrôlée que tous les 15 ans.

Déjà, en 2017, Nestlé était au cœur d’un scandale. Les autorités de santé, concernant un risque de contamination à la salmonelle des laits infantiles, avaient alerté le groupe Lactalis et procédé à un premier rappel/retrait de produits, suivi de deux autres vagues. Il avait aussi été constaté que ce problème de contamination était apparu en février et n’avait été révélé qu’en décembre, en dépit des contrôles internes et étatiques.

Suite à ce scandale, en 2017, une enquête parlementaire avait proposé ses conclusions : « Garantir la sécurité alimentaire de la fourche à l’assiette » et la transparence par une transmission des autocontrôles positifs aux autorités sanitaires. Ces propositions avaient été rejetées par les parlementaires.

La Cour des Comptes, dans son rapport de 2019, notamment au sujet des contrôles relatifs à la sécurité sanitaire de l’alimentation, écrivait que, scandale après scandale, « des insuffisances subsistent à toutes les étapes de la chaîne de contrôle de la sécurité sanitaire de l’alimentation, depuis les autocontrôles réalisés par les entreprises jusqu’à la publication des résultats des inspections ».

Ce nouveau scandale sanitaire laisse ainsi apparaître plusieurs défaillances inadmissibles et incompréhensibles de la part des différents acteurs en cause : les entreprises, l’Etat et la grande distribution. Ces procédures de rappel et de retrait des produits posent la question de la sécurité et de la santé des consommateurs au regard de l’efficience des mesures existantes.

Le CNAFAL dénonce un manque de vigilance et de respect du principe de précaution ; il pointe également un problème d’économies budgétaires, car de nombreux postes d’agents de contrôle ont été supprimés au détriment de la santé des consommateurs.

Le CNAFAL partage la colère et l’angoisse des parents de nourrissons et demande que toute la lumière soit faite sur ces affaires. Ces sujets sont d’autant plus sensibles que ce sont des bébés, des êtres extrêmement fragiles et vulnérables qui les subissent.

Aujourd’hui comme en 2017, la campagne de retrait et de rappel ne concerne pas que le territoire national : ces groupes exportent ces produits dans une soixantaine de pays.

Le CNAFAL demande que l’Etat contrôle régulièrement les « autocontrôles » et qu’une enquête judicaire et parlementaire   fasse la lumière sur toute la chaîne de responsabilité. Le CNAFAL/ACLC sera force de propositions, mais il se réserve aussi la possibilité de déposer une plainte pour mise en danger d’autrui.

Patrick Belghit,
Président.

Claude Rico,
Vice-Président, Co-responsable du secteur Consommation.
06 84 24 27 75

Jean Pierre Béquet,
Coresponsable secteur consommation0

Nicole Damon,
Co- Responsable secteur Santé.

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