Une situation mondiale explosive, des élections municipales très proches et pleines d’incertitudes face à la montée de l’extrême droite pourraient nous faite oublier le 8 mars, journée internationale du droit des femmes.
Ce serait une erreur, le droit des femmes est tout à fait cohérent avec les situations dans lesquelles nous vivons et ce sont souvent les femmes qui sont en première ligne, aussi bien pour les revendications par rapport aux souffrances et à la dictature de certains pays, dans ceux en guerre, ou dans la vie quotidienne.
Dans notre pays, même si c’est moins visible, n’oublions pas les 158 victimes de féminicides de 2025 (chiffres de « Nous toutes »), chiffre le plus élevé depuis plusieurs années (131 en 2024). A ce nombre, s’ajoutent les 475 000 femmes victimes de violences sexuelles. Certes, des mesures ont été prises et la médiatisation de ces faits (exemple du procès de Gisèle Pélicot) a libéré les paroles des femmes. Cependant, nombre des femmes qui sont mortes sous les coups de leurs conjoints avaient auparavant demandé de l’aide et n’ont pas été entendues. Pour le CNAFAL ce n’est pas admissible.
Dans la vie civique, les chiffres n’ont pas évolué, même si la loi sur la parité est respectée, les femmes assurent autant de mandats que les hommes, mais ce sont toujours ces derniers qui sont aux postes à responsabilités : 5 régions seulement ont élu des femmes à leur tête ; 20% sont présidentes de conseils départementaux et 20% sont maires. Nous sommes loin du compte et pourtant ce sont souvent ces dernières qui sont les plus engagées sur les logements sociaux, qui créent des logements d’urgence dans leur commune pour les femmes en difficultés, qui mettent en place des crèches, des centres de loisirs. Nous devons leur faire confiance et elles doivent se faire confiance. Le CNAFAL espère que les élections municipales du 15et 22 mars verront l’arrivée des femmes à la tête des mairies.
Dans le domaine du travail, les inégalités entre le salaire des femmes et des hommes persistent : moins 21,8% dans le secteur privé pour les femmes. Certes, ce chiffre recouvre des situations très hétérogènes, mais alors que l’écart depuis quelques temps se réduisait d’année en année, en 2025 cela n’a pas été avéré, ou de manière infime. La loi européenne sur la transparence des salaires a été transposée dans le droit français et doit se mettre en place avant juin 2026. Elle vise principalement à améliorer la transparence en matière de rémunération, afin de réduire les inégalités hommes/femmes. Le CNAFAL espère en l’efficacité de ce dispositif.
En matière de santé, le constat que les femmes sont prises en charge plus tardivement et moins bien sur certaines pathologies (crises cardiaques, AVC) que les hommes a fait l’objet d’études sérieuses, mais il est encore trop tôt pour en voir les effets.
Le CNAFAL établit le constat que, malgré les appels répétés contre les inégalités, l’année 2025 non seulement n’a pas vu de réelles avancées, mais une montée des féminicides et des violences sexuelles.
Cependant, la mobilisation des femmes est toujours plus importante pour cette journée, mais également tout au long du mois de mars et sur l’ensemble de l’année.
Le CNAFAL veut saluer toutes les associations, toutes les militantes qui regorgent d’idées pour faire passer des messages qui vont toucher nos concitoyens sous des formes variées et diverses : musiques, pièces de théâtre, peintures, photos, affiches, conférences. Car, ne l’oublions pas, en volonté d’égalités et de détections des violences, nous avons toutes et tous un rôle à jouer par l’écoute et la vigilance.
Le CNAFAL demande que toutes les mesures prisent en direction des femmes soient renforcées et que l’éducation à la vie sexuelle et affective soit obligatoire dans toutes les écoles.
Chaque strate des instances démocratiques, municipales, départementales, régionales, nationales, doit se sentir concernée.
Toutes et tous pour l’égalité, la justice et la dignité de toutes.
Marie-Odile Pellé-Printanier,
Vice-Présidente.
Louisette Bonnet,
Administratrice.
Marie-Hélène Ciszewski,
Secrétaire générale.
Nicole Damon,
Administratrice.
Jeannine Jouanin,
Trésorière adjointe.
Et les salariées du CNAFAL.