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Guy Georges, ancien syndicaliste, militant laïque vient de nous quitter

Guy Georges a poursuivi son combat pour la défense de la laïcité jusqu'au bout. Il avait adhéré par soutien au CDAFAL 94 et nous avons correspondu et échangé.

    Voici ce que j’écrivais à propos de son livre bilan La bataille de la laïcité 1944-2004 : De la République « une et indivisible » au communautarisme

    Du passé faisons table rase….
    Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs !

    L’histoire du combat laïque contribue à armer toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, face aux attaques contre la laïcité de l’école et à l’offensive des communautaristes veulent analyser les erreurs du passé, afin de ne pas les reproduire.
    Qui, mieux que Guy Georges, ancien secrétaire général du SNI PEGC et dirigeant du CNAL et de la FEN de 1974 à 1983, pouvait nous relater l’histoire passée en tirant les principales leçons ?
    Ce livre est fabuleux car l’auteur organise son propos autour d’une chronologie structurée sans rien masquer de la réalité.
    C’était après la Libération, la droite cléricale vaincue se terrait pendant que la gauche majoritaire dans le pays et en nombre de sièges s’est alliée pour le pire avec le centre chrétien : le fameux MRP…
    Guy Georges montre comment les instituteurs syndiqués au SNI, syndicat unitaire et de masse, ont mené le combat semaines après semaines pour que l’on en revienne au respect de l’article 2 de la loi du 10 décembre 1905. La FEN, fédération de l’Education nationale, la Ligue de l’Enseignement et les parents d’élèves qui constitueront la FCPE vont résister à l’offensive cléricale et interpeller la gauche pour qu’elle arrête de laisser faire.
    La seule grande victoire historique fut sans conteste ce vote à l’arraché du 29 août 1946, quand les députés rejettent par 274 voix contre 272 la proposition des cléricaux d’inscrire la liberté de l’enseignement dans la Constitution !
    La “gauche” au pouvoir, à la Libération , en 1956 ou en 1981 négocie, tergiverse et même capitule alors que la droite au pouvoir remet en cause la laïcité de l’école et donne aux écoles privées des financements accrus et conséquents !?

    En 1956, la SFIO (section française de l’internationale ouvrière) – ancêtre du PS – s’était enferrée dans des alliances contre nature avec les partis du centre favorables au développement de l’école privée.
    C’était une alliance dite de troisième force qui regroupait tous les « démocrates » ou prétendus tels contre les communistes, puissants à cette époque.

    Les laïques ne baissent pas les bras, ils se mobilisent contre la loi Debré, réunissent 10 813 697 signatures et proclament le serment de Vincennes ce 19 juin 1960 !
    Guy Georges n’élude aucun événement, il nous fait même part des rencontres secrètes entre le CNAL et la hiérarchie catholique en 1969 et 1970 ….

    Vandermeersch, jésuite et secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique témoigne :
    “En ce début d’été 1969, les bases d’un accord sont esquissées. Les laïques accepteraient l’aide de l’Etat aux établissements sous contrat ; en contrepartie, le nombre d’établissements bénéficiaires serait gelé au niveau où il est….”

    C’était une compromission qui se préparait et un marché de dupes car la droite cléricale a poursuivi son offensive pour obtenir encore beaucoup plus de crédits et des lois antilaïques….
    C’est ainsi qu’on en arrive à la grande capitulation de la gauche, à la loi Savary, à son abandon et à l’aggiornamento du CNAL qui abandonnait le combat pour l’abrogation immédiate de toutes les lois antilaïques afin de proposer que l’Etat “conditionne le financement public d’établissements privés à l’évolution de ces derniers vers les règles constitutionnelles et administratives du service public….”

    Le CNAL est-il définitivement mort en 1984 ?
    Il a été capable d’un sursaut en co-organisant cette grande manifestation du 16 janvier 1994 puis s’est divisé au moment de la bataille de 2003-2004 contre le communautarisme ….
    Aujourd’hui sera-t-il capable de reconstruire un cadre unitaire structuré à tous les échelons et dynamique, ou faut-il reconstruire l’unité des laïques dans le cadre du regroupement de toutes les associations éparses existantes ?

    Jean-François Chalot,
    Secrétaire général.

    Le CNAFAL

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