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Consommation

Etes-vous Electro-HyperSensibles sans le savoir ?

Certaines études estiment qu’il y aurait entre 1 à 10% de la population dans les pays développés qui serait EHS. Ces chiffres sont flous et font débat, mais même en s’en tenant en deçà de cette fourchette, cela concernerait plusieurs centaines de milliers de Français ! Loin d’être dans le registre des pathologies rares, on se situe dans le champ des problèmes sanitaires d’envergure. De quoi s’agit-il ?

    Commençons par quelques rudiments de physique.

    Nous baignons tous, et de plus en plus, dans un brouillard électromagnétique (electrosmog en anglais) provenant de nos divers appareils électriques. Pour faire simple on distingue :

    ·       les champs électriques et magnétiques (CEM) basses fréquences (50hz) générés pas le courant alternatif qui alimente nos appareils électriques domestiques et émis par l’installation électrique de nos locaux d’habitation et de travail ainsi que par les appareils (moteurs électriques, éclairages, …)

    ·       les champs électromagnétiques hautes fréquences issus de nos appareils connectés de plus en plus nombreux communiquant par microondes (téléphonie, Wifi, bluetooth, …)

    Poursuivons par quelques notions de physiologie.

    L’influx nerveux est en quelque sorte un courant électrique d’origine biochimique qui parcours en permanence notre corps dans tous les sens et dont le cerveau est l’organe central. Ce courant est une réalité physique, mesurable (Electrocadiogramme, électroencéphalogramme, …) que la médecine s’efforce de reconstituer par des prothèses électroniques quand il est défaillant (du stimulateur cardiaque,  aux divers implants cérébraux existant et en cours de développement). Dès lors, nous sommes tous « électrosensibles » puisque nous fonctionnons à l’électricité.

    Par ailleurs de très nombreux organismes vivants  possèdent des magnétosomes, cristaux de magnétite sensibles aux champs magnétiques. Ce sont eux qui permettent aux animaux migrateurs de s’orienter. De tels cristaux ont été mis en évidence chez l’homme. Ils sont principalement localisés dans les enveloppes méningées et l’ensemble du circuit nerveux avec des localisations plus importantes en certains endroits. Comme tout aimant ils réagissent aux variations du champ magnétique. Ils sont par conséquent affectés par les champs électromagnétiques artificiellement crées par l’homme. Selon leur nombre et leur importance, variables d’un individu à un autre cette sensibilité est plus ou moins grande, mais elle existe pour tout un chacun.

    Que se passe-t-il au niveau cellulaire ?

    Suite aux travaux des chercheurs, on commence à avoir une idée assez précise de ce qu’il se passe au niveau cellulaire lors d’une exposition excessive à des CEM : Les magnétosomes présents dans la cellule sont excités par les changements de phase des champs alternatifs. Ceci crée un stress inflammatoire entrainant dans son sillage une cascade de réactions physiologiques. Si celle-ci est de courte durée il n’y a pas de conséquence. Mais si ce stress inflammatoire devient chronique en raison d’une exposition continue, il est possible qu’il débouche sur les mêmes maladies dégénératives que toute inflammation chronique (cancer, AVC, maladie d’Altzeimer, …)

    L’ électrohypersensibilité.

    Nous venons de voir que nous sommes tous électrosensibles. Dans les conditions de vie courantes, la majeure partie des personnes ne ressent pas la pollution électromagnétique environnante, ce qui n’exclut pas qu’il puisse y a voir des effets physiologiques qui passent inaperçu, du moins un certain temps. Des gliomes  (dont l’issue est généralement fatale) peuvent apparaître chez les utilisateurs intensifs de téléphonie mobile sans aucun signe avant-coureur.

    D’autres, les personnes électrohypersensibles, ressentent avec plus ou moins d’acuité une souffrance en présence de CEM qui va de la simple gêne passagère à des douleurs intolérables. Certains ressentent davantage les basses fréquences, d’autres les hautes, mais la plupart  sont sensibles à toute la gamme des fréquences avec souvent en prime une sensibilité à de multiples  agents chimiques (MCS en anglais).

    Le professeur Belpomme, cancérologue de renommée mondiale a défini le SICEM (syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques) qu’il diagnostique à partir d’un protocole rigoureux. Actuellement il suit environ 1500 personnes atteintes de SICEM, chiffre à rapporter au nombre estimé de plusieurs centaines de milliers d’EHS. D’évidence, il en ressort que de nombreuses personnes n’ont pas conscience de leur EHS. Il y a plusieurs raisons à cela : En dehors du Pr. Belpomme et de quelques autres chercheurs de par le monde, le corps médical est dans l’ignorance de l’EHS. Dès lors les symptômes n’étant pas connus du milieu médical ils ne le sont pas non plus par ceux qui les portent. Les troubles ressentis étant souvent attribuée à des causes diverses et trop souvent  interprétés comme des problèmes psychiques par l’entourage.

    Quelles sont les manifestions habituelles de l’EHS ?

    Le tableau clinique est connu depuis les années 50, sous le nom des « maladie des ondes » affectant les travailleurs des installations radar. Il s’agit notamment de maux de tête, fatigue, faiblesse générale, troubles de l’attention, de la mémoire,  du sommeil, irritabilité, palpitations cardiaques, dysfonctionnements sexuels, spasmes musculaire, douleurs articulaires, engourdissements, picotements… Selon les personnes, certains symptômes peuvent être dominants et d’autres absents, ce qui complique le repérage de l’EHS. Par contre, un indicateur ne trompe pas : Ces troubles apparaissent dès que la personne se trouve en milieu électromagnétiquement pollué et disparaissent (après un temps de latence) dès qu’elles se retrouvent en milieu « propre ». Une difficulté supplémentaire réside dans le fait qu’en l’absence d’appareil de mesure il est difficile de savoir si l’endroit où l’on se trouve est pollué ou non. C’est ainsi que de nombreuses personnes EHS sont conscientes d’avoir des troubles mais ne savent à quoi les attribuer.

     

    Comment devient-on EHS ?

    Ce point est très important : on ne nait pas EHS (bien qu’il y ait probablement des prédispositions congénitales), mais on le devient, probablement, à force de s’exposer aux CEM. On peut comparer cela à l’exposition prolongée aux UV (qui sont un rayonnement électromagnétique de très haute fréquence) : Il est connu que nous avons tous un « capital soleil » qui nous permet récupérer suite à une insolation, jusqu’à un certain point où les capacités de résilience de l’organisme sont épuisées, variables selon les individus. De même il y aurait un « capital  de résistance  aux CEM ». Une fois ce capital dépensé, la personne développerait un SICEM.  Les troubles ressentis par l’EHS seraient un signal d’alerte à écouter pour éviter le pire.

    Et le SICEM ?

    Le Pr. Belpomme distingue 3 stades dans son syndrome : la phase inaugurale, correspondant aux premiers signes de l’EHS. A ce niveau, le trouble est réversible si on parvient à s’extraire de la radio-pollution ou au moins à la faire diminuer significativement. Au second stade qu’il appelle « d’état »  s’installe la fatigue chronique, l’insomnie et souvent la dépression. A ce stade, il existe des dégâts neurologiques qu’il reste possible de compenser par des soins appropriés. Au dernier, « phase d’évolution » des affections neurodégénératives irréversibles sont engagées dont on  peut néanmoins ralentir l’évolution.

    L’électroencéphaloscan,  une imagerie médicale pratiquée par un seul radiologue en France, permet de visualiser le niveau d’atteinte cérébrale par visualisation de l’irrigation des diverses zones du cerveau.

    Les personnes atteintes de SICEM, surtout aux stades avancés, vivent un véritable enfer social : ses intensités d’émissions très faibles peuvent leur causer des douleurs à la limite de l’insupportable et des troubles physiologiques sévères. Dès lors elles sont obligées de se claquemurer dans des univers blindés et pour sortir de chez elles de se recouvrir de vêtements de protection issus des technologies militaires, qui peuvent s’avérer insuffisants dans des milieux fortement pollués (salles de réunions remplies de téléphones portables, locaux avec Wifi, musées avec protections électromagnétiques, trains, trams et métros, certaines routes « bien arrosées » par des antennes de téléphonie, …). Ces personnes se retrouvent assignées à résidence à vie  sans avoir été « condamnés »! … à condition encore de trouver un endroit où elles peuvent survivre. Sinon ….

    Conscient des problèmes de santé, le CNAFAL propose plusieurs types d’actions :

    –          Des courriers aux instances médicales : ministère, ARS, ANSES… pour demander, d’une part des études supplémentaires sur les effets des ondes, d’autre part la reconnaissance de cette pathologie et la charge des soins et des équipements (vêtements de protection et  habitation) ;

    –          Développer les informations sur les dangers pour les jeunes enfants, dont le cerveau n’est pas encore arrivé à maturité et mal protégé par une boite crânienne fine, en particulier de l’usage prolongée du téléphone mobile, des jeux sur tablette….

    –          Demander que les consommateurs, électro-hypersensible, et ceux qui veulent s’en prémunir, puissent obtenir le maintien des compteurs EDF classiques.

     

    Pour plus d’information :

    •   ARTAC : site de l’équipe de recherche du Professeur Belpomme

    •   CRIIREM,  Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements Électro Magnétiques

    •   NEXT UP, Association spécialisé dans la réalisation de vidéos documentées sur les CEM

    •   PRIARTEM,  Pour Rassembler, Informer et Agir sur les Risques liés aux Technologies ElectroMagnétiques, également portail des Electrosensibles de France

    •   ROBINS des TOITS,  association pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil

    LE CNAFAL

     

     

     

     

     

     

    Nicole Damon

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