LE JOUR DE TROP
Le CNAFAL se révolte contre la nouvelle mesure qui vient d’être annoncée pour les arrêts de travail qui porte le délai de carence de trois à quatre jours.
Qui va être touché prioritairement par cette modification ?
Les intérimaires, les personnes travaillant pour des petites PME dont l’employeur ne peut pas payer ce délai de carence, celles en CDD de courte durée, les emplois précaires, les temps partiels non souhaités, les travailleurs pauvres autrement dit ceux qui ont des petits salaires, voir des tous petits salaires et qui sont déjà touchés de plein fouet par la crise.
Nos décideurs ont-ils calculé le manque à gagner pour ces personnes ? Ces mêmes personnes, qui la plupart du temps n’ont pas de complément de salaire en cas d’arrêt de travail et pour lesquels les indemnités journalières ne représentent seulement que 50% de leur salaire.
Que va-t-il se passer ?
Cette catégorie de travailleurs va refuser les arrêts de travail au risque de mettre sa santé en danger. Cela, coûtera beaucoup plus cher à l’Assurance maladie, puisque nous assisterons à des arrêts plus longs, voir des hospitalisations. Déjà certains médecins ont pu observer ce phénomène. Compte-tenu du manque à gagner, ces populations ne cesseront leur travail qu’en cas d’absolu nécessité, ce qui sera parfois trop tard.
D’autre part, n’oublions pas que ce sont les arrêts de travail les plus longs qui coûtent le plus cher à l’assurance maladie. Les arrêts de 45jours ou plus contribuent à plus de 76 % des dépenses, ces arrêts étant pratiquement toujours justifiés (longue maladie, interventions lourdes etc…)
Le CNAFAL constate que pour réaliser des économies, le gouvernement, encore une fois se trompe de cible.
Marie-Odile Pellé-Printanier
Vice présidente du CNAFAL


