Intervention de Jean-Marie BONNEMAYRE Président du CNAFAL à l’Assemblée Générale de l’UNAF du 21 juin 2008
Le rapport concernant le projet institutionnel pour le XXIème siècle est tourné vers l’Europe pour construire l’avenir.
Le CNAFAL s’étonne, mais c’est peut-être « la maladie infantile de l’Europe » que d’oublier les peuples, ce qui fait que même nous-même ne parlons même pas des familles françaises et de leurs conditions de vie qui ne cessent de se détériorer depuis plusieurs années.
Le CNAFAL, puisque ce matin chacun y est allé de son antériorité sur les prises de position concernant le pouvoir d’achat, a sorti un numéro de Familles Laïques à l’automne 2006 centré sur la question du pouvoir d’achat, dont acte ; c’était bien avant la campagne présidentielle et le débat lié à l’augmentation du prix du pétrole…..
Toutes les UDAFs à travers la gestion des tutelles constatent cette lente dégradation à travers le niveau d’endettement des familles qui ne cessent d’augmenter et pour des arbitrages budgétaires qui concernent leur reste à vivre.
L’UNAF s’est battue, justement cela a été rappelé ce matin pour défendre certains aspects de la politique familiale. Mais depuis plus d’une décennie, le niveau des allocations familiales et des aides personnelles au logement n’a cessé de se dégrader. Les excédents de la branche famille doivent être réinjectés sur les familles au moment où elles en ont le plus besoin et au moment où une récession économique sans précédent s’annonce à l’horizon des prochains mois quoi que l’on nous chante.
Je voudrais dire aussi que nul n’a intérêt à une dégradation de la politique sociale ; le dé-tricotage du pacte social issu du Conseil National de la Résistance sera une catastrophe porteuse de graves troubles pour notre pays. Joseph Guimet se plait à rappeler que c’est par ce pacte de 1945 que le CES et l’UNAF, entre autres, mais aussi les 3 branches de la sécurité sociale et les services publics ont été créés, il l’a rappelé. A cet égard, soyons vigilants lors de la prochaine convention d’objectifs CNAF-Etat, que l’action familiale ne soit pas réduite. Gardons cette mémoire, non pour l’histoire mais pour l’avenir même si effectivement il faut être plus que jamais efficace dans le champ social. La démographie elle-même peut d’ailleurs se détériorer si l’environnement économique et social se détériore. Toutes les familles ont droit au bien-être. Que ce soit sur les politiques familiales ou dans d’autres domaines, l’Europe ne peut se faire vers le moins disant.
Je rappelle pour mémoire d’ailleurs que la construction ambitieuse et l’élargissement des champs de la protection sociale dans ces 3 branches se sont faits dans le contexte de 45 à 55 où la France était ruinée et que la politique familiale par son effet redistributeur a été le moteur de la croissance et du re-décollage économique de la France, mais aussi de l’allongement de la durée de vie dont nous bénéficions aujourd’hui.
A l’heure où tout le monde pointe le vieillissement de l’Europe, ses énormes besoins de main-d’œuvre, gardons nous de pratiquer un repli frileux et mortifère.
Rappelons la position de l’UNAF sur le droit de vivre en famille pour les étrangers, rappelons dans notre document que l’UNAF a participé à la fondation de la coordination Européenne pour le droit de vivre en famille et a toujours défendu les principes de la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme, qui, dans son article 8, protège « la vie privée et familiale ».
En conclusion, je fais mienne l’apostrophe de l’ancien Ministre Fr. Léotard dans son dernier ouvrage lorsqu’il dit : « France où vas-tu, je ne te reconnais plus, lorsque tu embastilles dans les centres de rétention des enfants et des bébés ».


